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Samedi 18 mai 2013 6 18 /05 /Mai /2013 20:11

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Genre : Techno

Sortie : Avril 2013

Label: Fabric

 

Sandwell District, légende de la Dub techno, reste avant tout l'union parfaite de deux monstres sacrés de l'univers : Regis et Function. Depuis 2002, ces deux artistes sont devenus les étendards du renouveau de la scène. Ils signent aujourd'hui leur dernière sortie avec la compilation Fabric 69. Une dernière merveille, ultime prodige pour nos oreilles, déclaration d'amour émérite pour une musique électronique glorifiée par ses deux vétérans.

 

 

Une compilation mixée de chez Fabric est toujours un prétexte légitime pour évoquer l'essence de l'exercice. Un mix c'est avant tout une histoire, avec son amorce, ses rebondissements et sa chute finale. Un récit qui s'écrit au présent en tirant parti d’éléments passés. Une fable qui se dévoile lentement, progressivement pour nous laisser en apprécier les détails. Une œuvre d'art a besoin de temps pour se laisser apprécier à sa juste valeur. Et c'est en respectant toutes ces règles que Sandwell District nous en dévoilera l'ardeur.

 

 

En suivant à la lettre le protocole, Fabric 69 devient un périple romanesque pour l'auditeur qui n'en ressortira que grandi. 10 copieuses minutes de longues et sereines plages d'electronica conditionnent dans un premier temps l'assistance. Spectacle indispensable, pour vous préparer à la scène macabre qui s’abattra inexorablement. Les kicks résonnent, les basses grondent, le paysage prend forme. La violence s’abat enfin. Sandwell District est à l'apogée de son art. L'art n'est pas nécessairement de traduire la beauté, mais quand une violence obscure devient véhémente on ne peux qu’éprouver, ici, une certaine forme de fascination. Une fascination qui devient aliénation, et qui pousse à la contemplation. La psychose guette. Les paysages macabres de Fabric 69 s’enchaînent et se superposent. Nul doute à l'horizon le répit n'est pas pour tout de suite. Il faut encore du courage pour affronter la suite.

 

 

L'ardeur de la musique atteint son paroxysme, Sandwell district ne peut que continuer à nous émerveiller. Et pourtant, tout voyage aussi hypnotique soit-il a une fin. Sandwell districk pose une dernière merveille avec le Voiceprint de Function. Le mix ce finit, sans ombre à son tableau. Des flashbacks surviendrons surement pour nous rappeler la violence de ce périple. Peut être sommes nous déjà en manque...

 

 

Réussite totale donc pour nos deux compères qui en s'associant une nouvelle fois sous le projet Sandwell District nous montrent que la techno n'a rien perdu de son éclat. À écouter de préférence la nuit, avec un volume élevé, pour profiter de la violence des kicks.

 

Kartela

 

Par Electronic Diary - Publié dans : Techno
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Mardi 30 avril 2013 2 30 /04 /Avr /2013 18:06

http://www.seeksicksound.com/wp-content/uploads/2013/04/Ludovico-Einaudi-In-A-Timelapse-Seeksicksound-Review-300x300.jpg

Label: Decca

Date de sortie: février 2013

Genre: Classical/Modern Classical 

 

Avis au public d’Intouchable, cette chronique est pour toi, vil membre de la masse. Mais aussi pour les autres, ceux qui sont là pour la musique, car oui, Ludovico Einaudi produit bien de la musique et pas n’importe laquelle. Disciple de nombre de producteurs minimalistes qui ont su faire évoluer la musique vers des genres hybrides, égarés à mi-chemin entre expérimentations géniales et parfois fumisteries faussement abscondes, Ludovico Einaudi, lui est resté simple, ce qui lui a valu des critiques plus ou moins positives. Max Richter, Arvo Part, Philip Glass, John Cage, voir Olivier Messiaen : voilà une liste de noms qui fera frémir certains tandis qu'elle ne fera ni chaud ni froid à d’autres, mais dans laquelle l'italien aurait pu facilement s'inscrire. Seulement voilà, il a pris un chemin différent, plus « mainstream » qui lui empêchera peut-être de rester dans les mémoires des plus fiers d'entre nous. Mais si tel était le cas cela resterait foncièrement une injustice, tant cet homme au visage buriné par les années mérite cette postérité. Quoi que d’une certaine manière il l’a déjà, avec des dizaines de milliers de copies vendues dans le monde. Mais être reconnu par ses pairs, c’est une toute autre histoire. Peut-être que d’une certaine manière la première étape de la reconnaissance est le rejet. Allez savoir, personne ne peut savoir de quoi est fait le lendemain.

 

Après une poignée d’albums et de bandes originales déjà très diffusés, c’est surtout avec l’OST d’Intouchable que le producteur s’installera définitivement dans tous les disquaires de l’hexagone. Escroquerie pour certains ou succès mérité pour d’autres, Einaudi suscite des réactions pour le moins ambivalentes et son dernier album en date, In A Time Lapse, ne dérogera pas à la règle. Sorti cet hiver sur Decca, l'homme a composé cette nouvelle fresque à propos du temps dans un monastère aux alentours de Vérone, cloitré avec un orchestre rien que pour lui et avec l’aide d’un invité de marque, le violoniste Daniel Hope.

 

 

Voici donc un concept album, peu original au premier abord, si ce n’est que cette fois-ci l’artiste ne s’intéresse nullement à figer le temps, mais plutôt à le faire se souvenir. On dit communément qu’avant d’expirer, une personne voit défiler sa vie, ses échecs, ses réussites, voir même des souvenirs perdus ressurgissant une dernière fois. L’artiste a tenté de recréer tout cela, avec tout le lyrisme qu’on aurait pu attendre d’un italien. Après tout, ne dit-on pas que les méditerranéens ont l’art de mettre à nu leurs sentiments?  In A Time Lapse n’est pas seulement la continuation logique de sa carrière, il est comme un point d’orgue, d’une importance cruciale, un point final qui ne s’arrêtera que lorsque le composeur l’en aura décidé.

 

Et pour cela quoi de mieux que Corale comme entrée en scène avec les violoncelles et violons épanchant leurs longues notes nostalgiques d’un temps révolu. C’est lisse certes, mais déjà terriblement efficace. Une pointe de mélancolie émerge déjà de ces quelques notes enveloppées d’une légère couche électronique comme sur Time Lapse, ballade au piano épaulée par quelques légères incursions à la guitare. C’est incroyablement simple mais si efficace : c'est le minimalisme dans toute sa splendeur. Et cette intensité perdurera tout le long de l’album; est sans doute cela ce qui lui confère un tel degré d’attachement. On peut écouter cela d’une oreille distraite sans aucun problème. Mais la vraie surprise vient lorsqu’on écoute cela très attentivement avec un volume conséquent. Alors les envolées des instruments à cordes ne nous sembleront plus niaises mais magistrales, comme sur Life, Run. L’utilisation du Glockenspiel était légèrement attendue, mais n’efface en rien à la qualité des morceaux. Repris notamment sur Orbits ou Newton’s Cradle le véritable joyau électronique, c’est aussi le pilier expérimentale de cet œuvre. On savait Ludovico expert en sonorité mais un travail de cet acabit tiens plutôt de la précision d’un orfèvre ou d’un horloger.

 

On notera quelques temps mort cependant dans cet albums, légèrement sur Two Trees aux accents « Debusséen » (Clair De Lune en ligne de mire), mais surtout sur Discovery At Night, vraiment léger pour du minimalisme. C’est profond, cela vient du cœur, on le sent, mais un peu téléphoné. Quoi qu’il en soit ces moments fugaces nous rappellent bien que c’est un Homme avec une grand H qui a imaginé tout cela. En effet, la fin de l’album semble presque irréelle, l’enchainement Experience-Underwood-Burning est l’une des plus belles choses qui nous ait été donné d’entendre depuis longtemps. Elle est là, la transcendance que l’on attendait tant, elle arrive enfin et nous arrache du commun des mortels. Si vous n’avez pas été convaincu par Experience et son frêle tambourin sublime le morceau lorsqu’il entouré de la myriade de violons et du piano s’accordant à l’unisson, c'est que vous n'avez pas d'âme. Les spirales mélodiques ascendantes nous transportent hors de notre torpeur quotidienne. Ce morceau, c’est la mélancolie, c’est le bonheur d’être triste selon Hugo. Point d’autres mots pour décrire ceci. On touche ici à l'absolu et au magistral. Daniel Hope vient de nous accompagner vers la toute fin, la catharsis tant attendue s’opère enfin, plus aucune résistante ne peut être opposé au violon Guarneri (équivalent d’un stradivarius). Burning vient conclure cet album en apothéose. Ca y est, le phénix vient de se consumer, il renaîtra un de ses jours de ces cendres, pour une nouvelle fois étinceler de mille feux.

 

 

On sent peut-être une certaine forme de conclusion avec cet album. Ludovico nous a tout dit et tout dévoilé. Un condensé de toute une vie se tient alors dans nos oreilles. Cet album ne fera pas l’unanimité au sein de la communauté post néo-classique et c’est bien dommage, car cet héritage que vient de nous transmettre ce piémontais pourrait bien rester pendant longtemps gravé dans nos mémoires. Nul doute que l’on a affaire ici à l’un des meilleurs albums de l’année (cette fois-ci ce n’est pas une plaisanterie), les mauvaises langues n’auront qu’à aller cracher leur frustration plus loin. S’ils n’ont pas succombé aux charmes d’Expérience, il est clair que nous ne pouvons plus rien pour eux.

 

 
Par Electronic Diary - Publié dans : Ambiant
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Jeudi 18 avril 2013 4 18 /04 /Avr /2013 17:13

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Kraftwerk est aujourd'hui un nom qui appartient à la légende. Un mythe musical à lui seul qui n'aura de cesse durant toute sa carrière d'établir les fondations d'une nouvelle vague musicale : la musique électronique. D'ailleurs, Derrick May expliquera bien des années plus tard que la techno est née tout simplement de la rencontre entre George Clinton et Kraftwerk dans un ascenseur. Établi à Krautrock, ce groupe allemand a été fondé dans les années 70 par deux étudiants en musicologie: Florian Schneider-Esleben et Ralf Hütter. La sortie en 1970 de leur cinquième album «Radio-Activity» leur assurera un succès mondial.

 

Si des personnages hardis font l'Histoire, c'est alors à des artistes réfractaires de faire l'histoire de la musique. Kraftwerk appartient clairement à ces groupes audacieux et déterminés qui ne se contentent pas de faire de la musique, mais de réinventer en permanence cette dernière avec une soif insatiable. Le génie de ces 4 musiciens allemands tient donc dans une logique simple: abandonner les instruments traditionnels pour construire une musique nouvelle à l'aide de machines. De ce protocole si particulier surgit une musique nouvelle, étonnante d’originalité et de grandeur. L'art synthétique moderne peut enfin prendre son envole !

 

De même que les livres d'Isaac Asimov, la musique de Kraftwerk nous invite à nous interroger sur le devenir de notre monde dans lequel la technologie prend une place prépondérante.

Sommes nous les victimes de notre propre appétence de modernité ?

A cette interrogation si légitime, la musique de ces génies nous révèle que non. Non, nous restons toujours souverain de notre propre existence. Et non nous continuons toujours à être les régents de nos inventions. Avec Kraftwerk, nous les consacrons même à des fins justes : traduire les maux de l'humanité par la musique. Ici d'ailleurs, l'esprit de cet art singulier est justement d'exprimer le propre de l'homme, la sensibilité, par un langage binaire aussi bien musical que technologique. Insuffler un vent de répétition, un souffle d'arpèges et une légère brise harmonique pour créer une envolé musicale à la fois rationnelle et mathématique, mais non moins émotive. Avec l'algèbre, La musique du groupe recherche l'universalité pour former un dialecte compréhensible par nos cultures disparates.

 

L'espace n'est plus qu'un terrain de jeu pour Florian Schneider-Esleben et Ralf Hütter se réclamant d'une Europe sans frontières, unifiée autour d'une société commune. Trans europe express peut maintenant être la figure de proue d'une nouvelle famille européenne apatride, hanté par les mémoire d'une guerre inqualifiable. Par conséquent, la musique kraftwerkienne transcende et fusionne cette région en manque de repère qui contemple désormais, honteuse, sa splendeur passée de l'autre coté de l'océan vers une Amérique hégémonique qui n'aura de cesse de l'humilier.

 

Les productions de ces quatre ingénieurs n'en restent pas moins sombres. L'influence des paysages urbains bavarois se fait ressentir. Ainsi, le panorama de ces villes homogènes conduit Kraftwerk a dessiner les contours d'une musique austère, résolument avant gardiste et répétitive. Pour traduire ce sinistre horizon citadin, ces germains ne tergiversent pas. Ils utilisent principalement la brutalité naturelle de la langue de Goethe. Cet emprise de la modernité métropolitaine se retrouvera d'ailleurs dans le caractère visuel du groupe, genèse d'un attrait naissant pour le charme urbain qui gagnera peu de temps après le «Street Art».

 

Kartela 

 

 

 

 

Par Electronic Diary - Publié dans : Techno
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Samedi 13 avril 2013 6 13 /04 /Avr /2013 21:38

atom

 

Label : Raster-Noton 

Date de sortie : Mars 2013

Genre : Sound Design 

 

 

La réputation du solitaire Uwe Schmidt, le seul et l'unique homme se tenant derrière l’alias Atom™, n’est plus à faire. Avec plus de 200 releases portant le nom de l’un de ses multiples pseudonymes (dont Atom Heart, Señor Coconut et une bonne cinquantaine d'autres) parus depuis 1990, la carrière d’Uwe est donc étonnamment longue et prolifique pour un producteur de musiques électroniques. Il publiait ses maxis sur son propre label, Rather Interesting, alors même que certains d’entre nous tétaient encore le biberon. Une discographie vaste dans des genres différents, du jazz avant-gardiste, à de l’easy listening, en passant par de la pop latino et la « pop artificielle kraftwerkienne ». D’ici quelques mois il aura sans doute encore sorti plusieurs albums mais qu’importe… Sorti aujourd'hui sur le sérieux Raster-Noton qui n’a jamais déçu son public, HD ne fait que conforter l’idée que l’on se faisait déjà du label. Le nom de l'album n’est pas anodin : composé de deux lettres abondamment utilisées dans ce monde où les produits à hautes technologies sont prisés par tous, c’est sans doute le symbole de notre société de consommation. Mais nous y reviendrons plus tard.

 

 

HD, a eu une genèse longue et mouvementée. En effet, les premiers enregistrements ont été effectués en 2005 et le nom de l’album était à l'époque Hard Disc Rock. Mais, suites aux modifications apportées aux titres et à la tracklisting au fil du temps, le projet a quasiment complètement changé de tournure. Entre temps, plusieurs long formats d’Atom™ sont sortis sur Raster Noton : Liedgut, dans un genre proto-techno légèrement « popisé » et assez expérimentale ou encore l’abscon mais délicat Winterreise, entre easy-listening et néoclassique. Avec ce nouveau long format, Uwe Schmidt revient sur une ligne de production faisant à nouveau référence au célèbre quatuor allemand, Kraftwerk, bien qu’il ait apporté d’importantes modifications pour amener plus de dynamisme.

 

Information importante afin de comprendre ce disque : Atom™ a fait un travail introspectif sur ce qu’il était en dehors des codes sociaux et de sa nationalité afin de n’être aucunement influencé dans son travail. Et cela se sent dès le départ sur « Pop HD » qui, malgré ses ressemblances avec ces groupes synth-pop des années 80, n’a rien à voir finalement avec ces derniers. Les origines allemandes ainsi que les influences latino venant de la demeure de Sao Polo d’Uwe ne se font pas pas ressentir. C’est froid, c’est inhumain et c’est diablement précis. La voix française de Jean-Charles Vandermynsbrugge est brute, à mi-chemin entre échantillon synthétique et discours humain. Les rythmiques sont, comme à l’accoutumé sur Raster-Noton, d’une précision chirurgicale voire même plus. On atteint ici, notamment sur Strom ouu Empty, un certain paroxysme dans la précision et l’agencement du son, cette compulsion terriblement humaine de vouloir tout à mettre à sa place avec une perfection méthodique et machinale. L’aspect krafwerkien n’est peut-être ici qu’une façade. Il est difficile de savoir si Uwe tourne en dérision cet élément bien que cela constitue la base de cet album. Peut-être faut-il le rappeler, le groupe mythique était à ses débuts une formation rock et son évolution vers ce qui constituera le socle des musiques pop et électronique a fait couler beaucoup d’encre. Ils étaient et sont encore considérés comme le symbole de ce mouvement, synonyme de « la mort des vrais compositeurs ». Alors que faut-il en conclure ? Uwe révère-t-il ces figures emblématiques ou les haït-il pour ce qu’elles ont causé ? Quoi qu'il en soit, il ne faut pas en douter : l’appauvrissement de la musique du 21e siècle est ici totalement dénoncé, surtout sur Stop (Impérialist Pop), critique clairement explicite avec des paroles vocodé du genre « Sonic invasion, from nation to nation » ou encore « Corporate Sound, In dolby surround ». Ici, il est assez incroyable d’avoir une telle richesse sonore  avec si peu d’éléments.

 

C’est frais, c’est léger sur I Love U (Like I Love My Drum Machine) et l'allure du titre montre bien qu’on oscille entre sérieux et dérision. Tout ceci est déroutant mais paradoxalement, très efficace. The sound Of Decay est peut-être l’exemple le plus marquant, en faisant référence aux groupes hard rock des 30 dernières années avec une basse numérisée et grasse comme il faut et la voix suave de Jorge Gonzales, le tout enveloppé dans des éléments tout à fait modernes. On y voit peut-être l'ombre d’un « robot rock » ou quelque chose du genre, bien que la production d’Uwe, l’homme-machine, soit bien plus luxuriante. Riding The Void est très certainement la chanson du « loveur » du 4e millénaire, tandis que My Generation est l’appel à l’aide d’une adolescence matraquée à coup de Justin Bieber ou de Carly Rae Jepsen, la génération qui croit à l’existence de vampires romantiques et dont pour eux, la date limite d’existence d’un couple est d’une semaine (maximum). Mais comme nous, Atom™ semble aussi complètement désolé, car il ne pourra sauver cette génération perdue dans les affres des réseaux sociaux. Comme le dirait très bien un certain Hal 9000 : « I’m Sorry Dave, I’m afraid I can’t do that. » Référence peu fortuite, puisque Ich bin meine Machine, dernier morceau de l’album, montre la transformation irréversible de l’homme en machine. Cette métamorphose sublime est, semble-t-il, un présage d’une humanité déshumanisée qui ne fait plus attention à son prochain. La machine sera probablement le dernier réceptacle de l’homme prêt à tout pour devenir immortel. Qui sait, peut-être un jour notre âme finira dans une boîte de conserve.

 

 

HD est décidément un album bien troublant en étant si insidieux et si persuasif. On a, à première vue, affaire à une production légère faisant volontairement référence à la synth-pop artificielle par nature. Mais que nenni, toute cette façade est illusoire et s’écroule rapidement pour l'auditeur averti. Ce n’est pas de la techno au sens strict du terme, ni vraiment de la pop édulcorée. Alors qu’est donc ce caméléon ? Une ode à la machine peut-être, quoi que… Atom™ vient donc de produire un album tout à fait universaliste mais qui ne fera malheureusement pas plaisir à tout le monde. Les paradoxes et antithèses foisonnent, donnant à cette musique synthétique plusieurs niveaux de lecture. Un must-have, assurément.

 

Raphael Lenoir 

 

 
Par Electronic Diary - Publié dans : Ambiant
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Mardi 2 avril 2013 2 02 /04 /Avr /2013 17:10

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Date de sortie : Mars 2013

Genre : Neoclassique

Label : Denovali

 

 

         

Field Rotation est le projet du musicien allemand Christoph Berg depuis 2008. Cela fait aujourd'hui 5 ans déjà que l'artiste nous inonde de sa musique envoûtante portée par son esthétique si particulière. Il revient aujourd'hui avec son troisième album The Repetition Of History dans la continuité des précédents comme en témoigne son titre.

   

The Repetition Of History s'inscrit parfaitement dans un registre néoclassique fusionné entre l'influence classique d'un Aaron Copland contrasté par l’atmosphère moderne de la nouvelle vague. De cette union naît une nouvelle matière, essence de la musique de Christoph Berg. L'allemand excelle dans cette association entre l'ancien et le nouveau, entre l'usé et l'inusité. Il combine miraculeusement le style classique avec la lenteur caractéristique du drone. Apparaît alors une musique rare de singularité illustrant merveilleusement la mélancolie propre à la condition humaine de regarder atone le temps passer. Dans cette peinture musicale, tout est là, à sa place pour laisser votre âme vous abandonner à ce voyage dont vos sens seront l'objet étudié.

     

Tributaire, la musique vous hante, vous obsède pour enfin finir par vous dévorer par ces quelques notes sagement parsemées. Diabolique est la créature animée par Christoph Berg. Cette expédition sensorielle vous amènera à contempler ces contrées glaciales et immaculées que seule la musique peut vous laisser imaginer. Dans ce voyage au bout de la nuit, vous rencontrerez une dame avec laquelle, désabusé, vous engagerez la Valse Fatale sereinement orchestrée par la voix passionnée de Mari Solaris. C'est après cette initiation glacée et romantique que vous vous trouverez enfin apte à traverser la scène apocalyptique de Fatalist.

     

Maintenant que votre esprit est obsédé, vous devenez enrôlé à poursuivre cette fresque romanesque. La suite est inévitable. Votre âme hantée va s'enfoncer dans les ténèbres. Aliéné par les fracas assourdissants de ces violons tumultueux, vous ne pourrez que contempler froidement l'étendue de la scène macabre qui s'offre à vous. Devant la violence dantesque de ce tableau étrangé à tout entendement vous ne pourrez que constater votre propre passivité. Vous n'êtes plus qu'un esclave drogué à ces répétitions cycliques de cette musique sombre, de cet enfer mélancolique. 

L'indolence est absurde. Avouez le, votre raison est condamnée !

      

The Repetition Of History marque le retour triomphal de Field Rotation. Il nous livre ici, un album sans compromis et en dehors de toute convention. Dotée d'un romantisme rare et profond, la musique de Christoph Berg égayera vos nuits.

 

Kartela

 

 

 

 

 

 

 

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